mannequin et ossature
Auteur : adrien - Date : 12 mai, 2008
Cette semaine, j'attaque le chantier. Il me reste une incertitude sur le lieu de construction. L'EREA devrait pouvoir m'accueillir. Ce serait formidable car je pourrais disposer de l'atelier menuiserie au moins pendant les heures ouvrables.
Si les choses se déroulent comme je l'espère, j'en dirai plus dans un prochain article.
Le contreplaqué est arrivé chez mon fournisseur. Il me reste à trouver un moyen d'aller le chercher. 2 plaques de 1,83m x 3,10m. Il n'y aura donc pas de scarf à prévoir.
Le niangon est là aussi. Si mon emploi du temps le permet, j'essayerai de faire les débits pour l'étrave, le tableau, la quille…
Sinon, les préparatifs continuent. C'est fou ce que j'ai pu entasser comme “choses qui pourront servir un jour”. Garage, grenier, abri de jardin sont saturés et c'est l'occasion de faire un peu de place.
Dans des chutes de panneaux en latté, je vais pouvoir tracer les couples et gabarits.
Je me suis aménagé un coin traçage dans le grenier. Comme on peut l'apercevoir au fond, j'ai déjà l'aviron de godille. Trouvé en mer, il y a des années entre les Roches Douvres et Bréhat, il mérite juste un ponçage et quelques couches de vernis.
La planchette de 6mm qui va bien pour reporter l'épaisseur des clins sur les gabarits. Cette planchette vient d'une caissette de 3 bouteilles de Bordeaux supérieur qu'il a donc fallu consommer. Dur mais j'ai accepté ce sacrifice avec l'aide de quelques fines gueules…
J'appelle “mannequin”, tout ce qui, dans le chantier, va servir à mettre les bordés en forme et qui sera enlevé après le retournement de la coque. Il s'agit du gabarit G1 et des couples C3, C5, C7 et C9. Quant à l'ossature, elle participe à la tenue du mannequin. Ses éléments font partie intégrante du bateau. Ce sont essentiellement l'étrave, la quille, le tableau arrière.
Le mannequin :
Traçage et découpe des gabarits.
Une bonne scie sauteuse est nécessaire. J'avais commencé les premiers gabarits avec ma vieille (30 ans) B&D bas de gamme. Depuis qu'on m'a prêté du matériel professionnel, c'est le jour et la nuit ; coupes droites, précises, nettes et sans effort.
Mise en place provisoire, juste pour voir, des premiers gabarits.
Les lumières, percées à la scie-cloche permettront le passage des serre-joints lors de la mise en place des virures.
Les couples et gabarits sont alignés puis vissés sur les traverses. J'ai procédé à l'alignement en m'aidant d'un niveau laser.
J'ai percé un trou de 3mm à l'intersection de la flotaison et de l'axe de chaque gabarit. Lorsqu'ils sont parfaitement alignés, le faisceau laser illumine l'intérieur de chaque trou. Il faut en même temps vérifier la verticalité, ce que j'ai fait simplement au fil à plomb.
L'ossature :
L'étrave : Un gabarit a été découpé dans une chute de cp.
Réalisation de l'étrave selon la technique du mille feuilles et collage de ce dernier à l'epoxy.
Le film plastique est destiné à éviter de retrouver la pièce collée sur l'établi.
Il ne reste plus qu'à reporter le tracé à l'aide du gabarit et découper. Là encore, une bonne scie sauteuse est nécessaire ; la pièce fait 30mm d'épaisseur. Ensuite ponçage et évidemment, je ne résiste pas à l'envie de mettre l'étrave à sa place rien que pour me rendre compte.
Bon ! Ça commence à ressembler à un bateau, non ?
Nous sommes le 06 mai. La suite dans une dizaine de jours pour cause de vacances et de séjour breton. A bientôt.
Le travail ayant repris le 15/05 , la structure avance peu à peu :
Collage des joues du pied de mât sur l'étrave. Et toujours le film plastique…
Et collage des éléments du tableau.
Présentation de l'étrave puis de la quille.
Tout s'imbrique parfaitement ce qui apporte une vérification supplémentaire de l'alignement des couples. Je vais pouvoir les rendre solidaires les uns des autres par des entretoises.
Il ne manque que le tableau arrière. On peut considérer que la construction de la coque est véritablement commencée car on ne touchera pratiquement plus qu'à des éléments propres au bateau lui-même.
C'est le moment, avant le collage de la quille de profiter de l'établi pour exécuter à la scie sauteuse, la lumière du puits de dérive.
On poursuit par la pose du tableau. Toutes les pièces sont assemblées à sec, démontées, rectifiées, remontées et maintenues en place par des serre-joints et des presses. Lorsque tout me semble correct, je visse. Je démonte, j'encolle, je revisse. Les vis retrouvent leurs logements respectifs et les pièces doivent donc se positionner avec exactitude. Les vis sont parafinées afin de pouvoir être démontées après le collage. Et au cas où je serais obligé d'en laisser une ou deux, j'utilise des vis inox.
Hormis la mise en forme de la jonction étrave-quille que je ferai après collage, cette partie est terminée.
Deux baguettes souples tenues en place au niveau du livet, on recule de deux pas, on admire, on rêve, on entend le vent et le bruissement de l'eau ouverte par l'étrave…

