Avec le collage de la quille sur l'étrave d'une part et sur le tableau et le marsouin d'autre part, le travail sur l'ossature se termine.

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plans.jpg Avoir le plan d'ensemble sous les yeux, ça aide. Ça permet aussi d'expliquer plus facilement aux visiteurs ce qu'on est en train de faire. J'ai donc affiché en format A3, les vues de dessus et de profil à côté du chantier.

La quille étant façonnée à sa jonction avec l'étrave, cette dernière va servir de moule pour réaliser la contre étrave en lamellé-collé. J'e xécute cette pièce en plusieurs étapes car coller ensemble une bonne douzaine de lattes en une seule fois et à l'aide de serre-joints demande des capacités d'extraterrestres.

J'ai usiné des lattes de 2mm, 2,5mm et 3mm. Plusieurs essais à sec montrent que les lattes de 3mm cassent.

contretrav12.jpg Je commence donc par les lattes les plus fines qui épousent la forme de l'étrave sans problème. Évidemment la première latte n'a pas été encollée et un film plastique protège l'étrave.

contretrav13.jpg Puis je passe à des lattes un peu plus épaisses. Il ne faut pas hésiter à faire des présentations à sec. Cela permet de se rendre compte si une latte casse. Lorsque tout est au point, on encolle et on pose quatre ou cinq lattes à la fois

contretrav2.jpg Ces dernières ont été préceintrées pendant 24 heures. Là aussi, ça aide.

contretrav21.jpg C'est la dernière latte qui casse ; celle sur laquelle les serre-joints appuient. Sur les autres, les efforts sont mieux répartis et elles se ploient sans difficulté.

contretrav22.jpg Il suffit donc de prévoir une latte “martyr” qui bien sûr, n'est pas encollée et le problème est résolu.

 

contretrav32.jpg Troisième et dernier collage. La dernière latte est un martyr mais elle n'a pas cassé pendant le ceintrage, le rayon de courbure étant plus favorable.

dsc00996.jpg Et voilà la chose démoulée et poncée. Il restera à la couper et à l'ajuster à la contre quille. Mais on est loin d'être arrivé à ce stade…

 

Pour le moment on prépare la mise en place du bordé avec l'équerrage et la fabrication des outils destinés à la pose des clins.

lesclamps.jpg Une douzaine de clamps sont découpés dans des chutes de cp de 16 mm.

Le Brochetage :

On appelle brochetage le relevé des cotes des virures sur la structure même.

brochage11.jpg Pour faciliter le relevé des dimensions de la virure de galbord, l'architecte conseille de réaliser et de poser provisoirement un gabarit de la contrequille. Ce gabarit donne la forme exacte du bord de la virure.

 

brochage12.jpg La pose d'une baguette souple permet de reporter sur l'étrave le bord inférieur du clin.

brochage14.jpg La latte à brocheter, en deux parties et de largeur 65 mm, est pointée sur les gabarits. Dans un premier temps, les deux parties sont solidarisées par des vis à placo. On verra plus loin qu'il est plus pratique pour le traçage sur le panneau de cp, de remplacer ces vis par des boulons dont les vis à têtes fraisées sont engagées par dessous.

brochage15.jpg Latte à brocheter et compas permettent de relever les dimensions exactes des virures. Sur le trait de crayon, sont reportées les cotes de la largeur au droit de chaque gabarit. Pour ma part, je reporte les dimensions côté quille vers l'avant et côté préceinte vers l'arrière.

reportcotes2.jpg Ces cotes sont ensuite reportées sur le panneau de cp. La latte est pointée ( 3 pointes suffisent ) afin de ne pas se déplacer pendant l'opération. J'ai fait une flèche près des points relevés sur la latte afin de ne pas me tromper de sens lors du report sur le panneau.

reportcotes3.jpg Afin de pouvoir appliquer et pointer proprement la latte sur le panneau, j'ai réalisé l'assemblage des deux parties à l'aide de boulons dont les vis de 3mm sont à têtes fraisées.

1erclin1.jpg La virure est tracée (pointes, baguette souple) puis découpée ( scie sauteuse)…

 

1erclin4.jpg … et ajustée (rabot).

 

casseclins.jpg … CRAC et RECRAC : Par deux fois, la virure de galbord casse dans sa partie la plus vrillée qui est la zone où elle doit être collée sur la pièce d'étrave.

Explications : 1. La qualité du contreplaqué marine acheté très bon marché chez un récupérateur.

Ce CP n'a que 4 plis au lieu de 5 :

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2. Ça m'apprendra à fixer les virures provisoirement avec des vis à placo. Ça fait des trous. A la mise en place, le cp se casse selon le pointillé.

 

1erclin22.jpg Et donc, on remet ça…. Pour vriller sans casse, j'utilise comme pour l'étrave, une chute de CP qui répartit correctement les efforts des serre-joints.

glabtrib1.jpg Mêmes opérations sur la virure de galbord babord…

glabtrib4.jpg …et les deux virures de galbord sont posées.

 

trusquin.jpg  Afin de préparer la pose du 2ème clin, on trace le recouvrement (plan de collage) avec le clin précédent. La fabrication d'un petit trusquin à l'aide de deux bouts de contreplaqué collés rend ce tracé très facile. C'est ce trait qui sera le bord supérieur du clin suivant et qui sera donc relevé et reporté à l'aide du compas et de la latte à brocheter comme expliqué plus haut.

clin2trib1.jpg L’angle de la latte à brocheter a été modifié pour permettre le relevé des cotes.

2emeclintrib1.jpg Le 2ème clin tribord est tracé, découpé et ajusté. Lorsque j'en suis satisfait, je m'en sers de gabarit pour tracer son frère jumeau babord. Puis on passe au collage. Un serre joint au niveau de chaque gabarit et le plus de clamps possible afin que le plan de collage soit le plus régulier possible.

2emeclinscotch.jpg Il ne faut pas oublier de scotcher les gabarits pour éviter d’y coller les clins car les plans de colle sont consciencieusement beurrés et ça “dégueule” sérieusement au serrage.

2emeclintrib3.jpg Au niveau de l'étrave, une chute de cp pour répartir les efforts du serre-joint dans la zone où le vrillage est le plus fort.

2emeclinbab1.jpg Mise en place à sec et ajustement du 2ème clin babord. Je n’ai pas suffisamment de serre-joints ni de clamps pour coller en même temps les clins babord et tribord. Je travaille donc en alterné. C’est plus long en raison du temps de collage nécessaire pour pouvoir libérer le matériel…

2emeclintrib4.jpg Sur cette photo, on s’aperçoit que les virures qui se superposent sur toute leur longueur, deviennent jointives dans la zone de l’étrave. Il faut pour cela usiner un biseau sur les 2 clins de façon progressive entre le premier gabarit et l’étrave.

2emeclinbab2.jpg Collage du 2ème clin babord.

2emeclinpos.jpg Il n’y a plus qu’à recommencer les opérations pour la troisième paire de virures…

3emeclin.jpg Brochetage…

3meclinb.jpg Report, découpe, ajustement, collage…

3emeclin1.jpg Et même chose à tribord.

chanfrin.jpg Lorsqu’on en arrive aux virures 4,5,6, on se trouve dans la zone du bouchain. C’est à dire celle où la courbure de la coque est la plus prononcée. Il faut donc particulièrement soigner l’ajustement de chaque virure sur la précédente en réalisant un chanfrein sur cette dernière. C’est en cela que le plan de collage entre les virures sera le plus parfait possible. On se sert des gabarits et d’un réglet pour vérifier le bon alignement du chanfrein. A noter que les gabarits ont eux même été ajustés à la forme longitudinale de chaque virure sans bien sûr toucher à la face de référence.

clin4ar.jpg Quatrième paire de virures posée. Ainsi d’ailleurs qu’un début de quille…

clin53.jpg Clin n°5. La contre étrave est simplement présentée pour vérifier son ajustement sur l’étrave au fur et à mesure de l’avancement du bordé. Les choses prennent vraiment une tournure sympathique…

6emeclin.jpg Pose de la sixième paire de virures.

7eme1.jpgRelevé des cotes de la 7eme virure.

Pas de photo de la 7eme virure ni des tracé, découpe et ajustement de la préceinte pour cause de panne d’appareil photo…

8eme2.jpg Pose des préceintes.

8eme1.jpg La feuillure a été réalisée à la défonceuse…

8eme3.jpg Ajustement des préceintes sur l’étrave et présentation de la contre-étrave.

contretravcollage.jpg Collage de la contre-étrave…

quillecollage.jpg Collage de la contre-quille par plis successifs…

baguettesouplequille.jpg L’indispensable et sempiternelle baguette souple permet de tracer le profil de la contre-quille.

quillefinition.jpg La fausse quille est arasée au trait à l’aide du rabot puis on finit l’arrière à la scie, dans le prolongement du tableau.

retournement1.jpg Après avoir procédé à l’imprégnation du contreplaqué à l’aide d’une résine époxy à l’eau (Résoltech 1010), vient enfin l’heure du retournement.

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retournement4.jpg On découvre l’envers du travail effectué depuis plusieurs semaines. C’est un effet assez étrange car cet envers est un endroit.

Le tiKnot est enfin dans le bon sens et sa ligne est très belle. Jacques Lhoste, l’architecte a vraiment réussi son dessin. Je le savais dès que j’ai vu les premières planches mais là, c’est du concret.

Suite des travaux dans la rubrique ” Après retournement”…